En attendant, on a le temps de faire bien des choses. En commençant par une marche qui nous mènera à nouveau aux origines de l’histoire de Paris : le Musée national du Moyen Âge installée dans un édifice monastique du 15e siècle, l’hôtel de Cluny, jointe aux ruines de bains publics romains du 2e siècle après J.-C, les Thermes de Cluny. On y passe la matinée à admirer des trésors romans et gothiques : vitraux, sarcophages, retables, orfèvrerie, chapiteaux de colonnes, tête de statues (celles de Notre-Dame décapitées pendant la Terreur), vêtements, armes, meubles et, surtout, surtout, le clou de la visite, les fameuses six tapisseries de la Dame à la Licorne qui sont des allégories des 5 sens, tandis que la sixième symboliserait le renoncement à ces 5 sens trop terrestres…
Quant à nous, on ne renonce à rien, surtout pas aux plaisirs des sens : on se dirige en effet ensuite vers le Jardin du Luxembourg édifié par Mary « The Meedysys » pour son bon plaisir aux côtés du palais du même nom (devenu le Sénat). On y admire le bassin octogonal et la fontaine de Médicis, mais le froid « siparisien » qui assaille nos sens depuis notre arrivée nous pousse à chercher refuge. On suit Jérôme (alias le « demi-marathonien », surnom qu’on lui a attribué depuis qu’il nous a sauvé d’une nuit à la belle étoile, hier, en y allant d’un sprint de 3 km pour s’assurer que notre MIJE ne verrouille pas les portes avant notre retour du Studio Galande à 1 heure du matin!). Le demi-marathonien nous guide (lentement tout de même) le long de la rue Bonaparte en direction de la place Saint-Germain. Après un petit arrêt involontaire devant l’église Saint-Sulpice (qu’on pourrait confondre avec l’église St-Germain quand on ne les a jamais vues…;-)), on repart de plus belle pour atterrir place du Québec, ce qui plaît bien à Joanie (alias la « shoppingeuse »). Puis on traverse la rue pour plaire encore à nos sens : le Café des Deux Magots, rien de moins, et aux frais de la princesse. Réchauffés et comblés par de (vrais!) chocolats chauds pour les uns (c’est-à-dire du chocolat fondu pas du Quick) pour les uns et de délicieux cafés pour les autres, on se pavane sur la terrasse de ce lieu mythique qui a accueilli Verlaine et Rimabud, Gide et Picasso, Sartre et Beauvoir… et maintenant les stagiaires du Collège de Maisonneuve.
Il est temps de se laisser un peu de temps libre. Les uns traversent la Seine pour explorer de nos nouveaux recoins (et de nouveaux magasins!) sur la Rive droite, tandis que les autres restent pour explorer la Rive gauche, incluant la magnifique église St-Germain. On a rendez-vous à 16h45 à Beaubourg où l’on passera du Moyen Âge à l’Extrême contemporain. L’édifice spectaculaire de Renzo Piano épate tout le monde, la vue pendant la montée dans les escalateurs dans le tube d’aspirateur transparent qui monte au sixième offre une vue imprenable sur tout Paris : Notre-Dame, tour Eiffel, basilique du Sacré-Cœur, sans compter le magnifique restaurant Georges dont la vue et le mobilier épatent tout un chacun.
Malheureusement, la visite du musée s’avère décevante. Après un début prometteur, avec l’atelier de Brancusi que nous présente magistralement sa compatriote d’origine roumaine, notre amie Greta (à qui on cherche toujours un surnom), on apprend en effet que l’étage consacré aux modernes (1905-1960) est fermé pour restauration (pas de Picasso, Braque, Dali, Klee, Magritte, Pollock!), tandis que l’étage habituellement consacré aux « contemporains » (c’est-à-dire après 1960 : Warhol, Beuys, Tinguely, Soulages et compagnie) est utilisé pour une exposition thématique consacrée uniquement aux femmes artistes (« Elles »). Bon, on veut pas faire les machos, surtout pas en cette Journée internationale de la femme (oui, oui, c’est bien le 8 mars!), mais disons que l’art conceptuel féminin et féministe n’a pas plu à tous (ni même à toutes). L’appareil reproducteur féminin s’y faisait plutôt… euh… omniprésent… et, hormis quelques œuvres (dont la célèbre Robe de viande de notre compatriote Jana Sterbak), on ne peut pas dire que ce fut un succès d’estime… Nous sommes donc rentrés un peu penaud, le long de la rue Rambuteau, jusqu’à la cafétéria de la MIJE où, pendant qu’on mangeait notre ratatouille, les conversations tournaient constamment au tour du fait que beaucoup de ces œuvres contemporaines formaient aussi, finalement, une forme de ratatouille sans queue ni tête (mais avec d’autres parties de l’anatomie).
Photos du jour
Des dames devant les statues décapitées de Notre-Dame à Cluny
Jérôme fait la croix I (à Cluny)
La Dame à l Licorne
Toute la bande aux Jardins du Luxembourg
Deux stagiaires aux Deux Magots
Deux stagiaires aux Deux Magots (bis)
Trois stagiaires aux Trois Magots
Plusieurs stagiaires aux Nombreux Magots
Greta et son compatriote Brancusi
Babettte magasine les robes de viande (à Beaubourg)
Jérôme fait la croix II (à Beaubourg)
La citation du jour
"Eh! Il y a des kilopascals, pourquoi on n'inventerait pas les pas Pascale, une nouvelle unité de mesure pour calculer nos déplacements dans Paris" (Élisabeth, alias Babette)
La gaffe du jour
Journée sans gaffes majeures… (le Chef se repose).
Distance parcourue
22 076 pP (1)
(1) Comme on l'a expliqué dans la citation du jour, le pP ou « pas Pascale » est une unité de mesure (semblable au kilopascal) qui permet d’évaluer la distance parcourue par un groupe de stagiaires à partir du podomètre de Pascale. Évidemment, il est possible que certains stagiaires aient en fait accumulé plus (ou moins!) de pP que ne l’indiquent nos statistiques officielles… Geneviève (notre handicapée qu'on a maintenant rebaptisé simplement L'Éclopée, c'est plus délicat), elle, vise 31 pas par jour.
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